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Acculé, le gouvernement dégaine l'arme de la division syndicale...

7 Juin 2014, 21:08pm

Après la grève très importante du 13 juin dernier, à l'appel des 4 organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, UNSA, Sud-rail et CFDT), le gouvernement a repoussé la présentation de sa réforme ferroviaire au parlement pour se donner le temps de détruire l'unité syndicale et donc de briser le front uni des cheminots en lutte.

Quelques semaines lui ont suffit pour convaincre la CFDT/FGAAC d'accompagner docilement sa réforme, il est vrai qu'entre la signature de l'ANI et du "pacte de responsabilité" par la CFDT, chaque salarié peut aisément constater que leur signature n'est pas très chère à s'offrir...

L'Intersyndicale qui conduisait depuis la lutte contre la réforme ferroviaire n'était donc plus que composée de 3 OS (CGT_UNSA et Sud-rail), ayant appelé conjointement à la grève du 12 décembre 2013, ainsi qu'à la manif nationale du 22 mai dernier.

Après le refus du retrait de sa réforme suite à la manifestation massive à Paris et le maintient de la présentation du projet de loi en urgence au parlement à partir du 17 juin, le gouvernement engageait donc un bras de fer avec l'intersyndicale.

Il devenait donc évident pour tous que la grève reconductible était à l'ordre du jour.

Mais pendant la nuit du du 23 mai, où les 3 fédérations syndicales cheminotes construisaient leur texte de préavis, l'UNSA a fait des allers/retours clownesques entre accord donné pour sa signature, puis retrait, pour finir par annoncer qu'ils déposeraient peut-être un préavis seuls, tout en se réservant sur les modalités d'action.

Quelques jours plus tard, l'UNSA cheminots mettait en ligne un tract hallucinant, dans lequel "la première organisation réformiste de la SNCF" (sic) se dit "favorable à la réforme du Ferroviaire, car si le projet de loi est abrogé, la Cour de Justice Européenne imposera très vite un éclatement incontrôlé de la SNCF." Bref les mêmes arguments que Cuvillier, la CFDT et Pépy....

Puis, détaillant les puissants "acquis" qu'ils auraient obtenus de la direction de la SNCF, ils égrainent une liste délirante qui confirme bien leur volonté de ne modifier qu'à la marge le projet de loi, tout en en acceptant servilement le principe de démembrement de l'EPIC SNCF :

Ils auraient obtenus "le renforcement des prérogatives de l’EPIC de tête" (truc de ouf !), ainsi que, mais là on y croit à peine tellement ça parait énorme, "la réactivation du fonctionnement de la Commission mixte du statut" (du lourd, on vous ait prévenu !).

C'est bien la première fois qu'ils disent aussi clairement qu'ils sont POUR le démembrement de l'EPIC SNCF, mais ils disent aussi qu'ils sont POUR le cadre social harmonisé, en se posant simplement la question du niveau de cette convention collective, en appelant les cheminots à se mobiliser PENDANT les négociations et non pour empêcher l'abrogation de nos RH 77 et 677....

Sachant qu'avec une telle position, ils se feront immédiatement traiter de syndicat Jaune, de collabos d'un gouvernement de casse généralisée de nos conditions de travail et de la SNCF, ils se laissent la possibilité d’appeler à la grève SEULS à partir du 17 juin, cela dans le but évident de CASSER la dynamique de la mobilisation des cheminots lancée par l'Intersyndicale CGT/Sud-Rail à compter du mardi 10 juin à 19h...

Il ne s'agit pas là que d'un imbroglio de date, tout a un sens : partir le 17 juin voudrait dire peser sur les amendements présentés pour améliorer ce projet de loi, partir en grève dès le 10 juin veut dire qu'on essaye d'aller en chercher le retrait.

Car il est évident que ce projet de loi n'est pas amendable, ni dans son volet structuration, ni dans son volet social, si l'on veut une autre réforme, le retrait de celle-ci est une étape obligatoire !

D'ailleurs, la question des "dates" est un fausse question une esquive des joueurs de bonto de l'UNSA, puisque la conclusion de ce torchon est que "L’UNSA-Ferroviaire recommande aux cheminots de préserver leur capacité de mobilisation pour peser sur le Décret Socle, concernant la réglementation du travail de la branche Ferroviaire, qui paraîtra à l’automne."

Donc, finalement et tout bien pesé, ne faites grève ni le 10, ni le 17, attendez que cela soit voté par le parlement et réservez vos "capacité de mobilisation" pour peser sur l'ampleur de la réforme, lors de la parution des décrets d'application à l'automne....

Ces pitreries de "syndicats" à la botte du gouvernement et de la direction ne doivent pas nous détourner de notre but : Défendons nos RH 77 et 677, défendons l'unicité de la SNCF, mettons un coup d’arrêt aux stratégie de privatisation : TOUS en grève dès le 10 juin à 19h, pour le retrait de ce projet de loi mortifère !

Le syndicat CGT des cheminots de Versailles ne s'adresse pas aux états-majors corrompus, mais bien aux cheminots de tous grades et de toutes fonctions de notre site, quelle que soit leurs appartenances ou leurs préférences syndicales par ailleurs, il est l'heure de nous retrousser les manches et de nous unir par delà nos différences : vous êtes tous les bienvenus à l'AG des grévistes qui aura lieu mercredi 11 juin à partir de 11h sur le parking de la gare des Versailles Chantiers, derrière les bungalow de la feuille/SUGE et locaux syndicaux, pour décider ensembles, entre cheminots de la base, de la suite à donner au mouvement !

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